Maisons de vignes du canton et d’ailleurs Enregistrer au format PDF

 Les maisons de vigne

Édifiée dans la deuxième partie du XIXe siècle par - et pour - les vignerons, la maison de vigne ponctue encore les paysages de la Touraine du Sud et de la vallée de la Loire et de la vallée du Cher, où elle reste très présente.

Humble, de petites dimensions (de 4 à 20 m²), la maison de vigne a été construite pour répondre à des fonctions utilitaires. Elle permet au vigneron de manger sur son lieu de travail – souvent éloigné de la ferme familiale –, de s’y abriter des orages autant que du froid. On y affûte ses outils, on y tresse l’osier, planté en bout de vigne, et utilisé pour lier les sarments entre eux.

 diaporama

MAISON DE VIGNE DE PREUILLY SUR CLAISE MAISON DE VIGNE DE PREUILLY SUR CLAISE Maisons de vignes d'Alsace Maisons de vignes de la Celle GUENAND Maisons de vignes de BOSSAY SUR CLAISE Maisons de vignes de BOSSAY SUR CLAISE Maisons de vignes de BOSSAY SUR CLAISE Maisons de vignes de BOSSAY SUR CLAISE Maisons de vignes de BOSSAY SUR CLAISE
Le dimanche, on vient y pique-niquer en famille. Une treille a été plantée le long de la façade plein sud pour donner du raisin de table, quelques pêchers poussent entre les rangs de vigne.

Majoritairement rectangulaire (parfois carrée), construite avec des matériaux locaux, la maison de vigne s’intègre parfaitement dans le paysage. La façade donne au sud, parfois au sud-est ou au sud-ouest. Ses murs sont faits de moellons crépis (ou de moellons de silex), de tuffeau ou encore de briques. Sa charpente de chêne (parfois de châtaignier ou de peuplier) soutient une toiture de tuiles plates, d’ardoises naturelles ou de tuiles mécaniques.

À l’intérieur Composée d’une ou deux pièces, la maison de vigne est parfois flanquée d’une écurie séparée par une cloison – le vigneron y met son cheval ou son âne à l’abri des intempéries. La maison de vigne possède toujours une porte, une fenêtre (souvent un volet en bois), et, sauf exception, une cheminée – pour embraser une botte de sarments et faire réchauffer son déjeuner ou se sécher en brûlant de vieux ceps… La loge de vigne est plus fonctionnelle que confortable. À l’intérieur, une niche est creusée dans le tuffeau pour y ranger divers ustensiles. Une trappe, maçonnée ou non, peut être creusée dans le sol pour garder quelques aliments au frais.
La maison de vigne possède un grenier ou un fenil sur toute sa surface, accessible, via une échelle, par une trappe ou une lucarne.

La tradition locale voulait que ces maisons portent un nom, soit celui du propriétaire, soit, bien souvent, celui de l’ouvrier agricole qui y avait travaillé longtemps.

 Une identité changeante selon les régions

  • En Sarthe, en Indre-et-Loire et en Loir-et-Cher, on l’appelle maison, cabane ou loge de vigne.
  • En vallée du Cher, et plus généralement, en Touraine, c’est la caburoche, la loubite ou la lubite.
    • À Ballan-Miré (37), on parle de choquette,
    • alors qu’à Vouvray (37),
    • c’est la folie. À Bourgueil (37),
  • c’est la grotte. Dans l’Aude, on l’appelle la capitelle,
  • le mazet dans les Cévennes,
  • la cabane en Champagne,
  • la cadole dans le Mâconnais
  • la caseta en Espagne
  • En Alsace le Retschwiller est un élément emblématique du petit patrimoine alsacien. Il reflète la tradition et l’histoire viticole de la commune et de ses environs. A partir du mois de septembre, au moment de la maturation, le vignoble était fermé afin de préserver le raisin des vols. Le garde vigne nommé également « bangarde » était chargé de surveiller le lieu. Pour cela, il logeait en permanence dans cette maisonnette dominant le vignoble. Le Raabhiesel de Retschwiller, érigé vers 1780, constitue le seul témoin de la viticulture très répandue à cette époque, dans cette région. un élément traditionnel alsacien. Le rez-de-chaussé est composé de moellons en grès recouvert d’enduit ; l’étage est en pan de bois, hourdis de moellons remplacé par endroits par de la tuile.

 Leurs perspectives d'avenir …

Encore très utilisée jusqu’en 1950 la maison de vigne est aujourd’hui menacée par le remembrement (que devient une maison de vigne dépouillée de ses vignes ?) et/ou le désintérêt de ses propriétaires. Celles qui restent parmi les vignes ont souvent conservé une partie de leurs usages d’antan.

On n’y dort plus, on n’y installe plus son cheval, mais on s’y abrite toujours pour s’y réchauffer. Certains viticulteurs y font même goûter leur vin aux curieux ! D’autres, plus ou moins abandonnées, sont devenues abris de jardins, rendez-vous de chasse, atelier, petite résidence secondaire, repère pour amoureux…

Ces maisons de vignes ont été progressivement abandonnées avec l’arrachage des vignes, consécutif, au début du XXe siècle, à la crise du phylloxera et à l’extension des cultures céréalières.

Ces constructions sont le souvenir d’une activité agricole d’une autre époque. Avec leur disparition, ce serait une page d’histoire qui se refermerait. Mais c’est aussi une présence du passé que l’on se doit de préserver pour les souvenirs qui s’y attachent et le rappel à nous des bâtisseurs que furent nos ancêtres. Faites que ces charmantes sentinelles du passé continuent au présent de veiller sur nos campagnes et de faire notre joie.

Parfois elles ne sont plus que des pans de murs délabrés, envahis par le lierre, toitures crevées, tas de pierres : « L’une d’elle a survécu. Située au lieu-dit le Champ Romain entre la Goupillière et la route de Chinon, son existence était menacée par la construction de l’autoroute A.85 . Elle dût son salut à la mobilisation d’amoureux du patrimoine. Démontée pierre par pierre, elle a été reconstruite à proximité du giratoire de Bois-Gibert. »

Les perspectives ne sont pas enchanteresses devant l’indifférence générale. Certains amoureux des vieilles pierres, souvent des promeneurs, se battent pour réhabiliter ces témoignages du passé. L’association "maisons de vigne", créée au Mans en 1994, se mobilise pour sauvegarder, dans les départements de la Sarthe, de l’Indre-et-Loire et du Loir-et-Cher, ce "petit" patrimoine rural trop souvent détruit ou laissé à l’abandon, en élaborant notamment autour de ce thème des circuits pédestres, équestres ou cyclistes. Susciter l’intérêt, mobiliser les volontés, là se trouve peut-être la clef contre l’oubli qui ronge les maisons de vigne…

Sources diverses :

 Un livre sur les petites constructions du sud de la France :

Inédit et passionnant, ce livre pénètre dans toutes les petites constructions bâties qui parsèment les campagnes de la moitié Sud de la France. Il explique leur histoire, leur origine ; décrit leur fonctionnement, leur fabrication. D’où viennent ces milliers de calvaires dressés au bord des chemins, comment bâtissait-on tous ces puits qui sortent de terre, pourquoi tant de murs et de cabanes en pierre sèche le long des champs ? Cet ouvrage trace en même temps des aventures méridionales formidables : la domestication du vent par des moulins, de modestes éoliennes ; la capture de l’eau de petits canaux d’irrigation, des citernes, des abreuvoirs ; la conquête du feu par les fours à chaux, à pain ou les charbonnières… Des lavoirs aux clochers de tourmente en passant par les tours à signaux ou les télégraphes de Chappe, excellente découverte d’un patrimoine méconnu mais ô combien riche et enthousiasmant ! Hubert Delobette, journaliste languedocien, ancien rédacteur en chef de la revue "Patrimoines en région", est l’auteur d’une dizaine d’essais et de romans. Après une longue enquête aux quatre coins du Sud de la France, il nous plonge dans une passionnante histoire du petit bâti de nos campagnes. Hubert Delobette, Le petit bâti du Sud de la France, 160 pages, 200 photos couleur, 26 €, édition Papillon Rouge.

 Proposition de lecture par la <span class="caps">BNF</span> :

  • Maisons paysannes de Touraine 30 cm. De La Celle-Saint-Avant vers Bois-Aubry [Texte imprimé] : maisons, moulins, colombiers : hors série / Maisons paysannes de Touraine ; Amis des moulins de Touraine. - Tours (9 quai du Pont-Neuf, 37000 ) : Maisons paysannes de Touraine, [ca 1996]. - 1 vol. (10 p.) : ill., cartes, couv. ill. ; 30 cm. DLE-20061011-48182. - 728.094 454 (21) (Br.). Maisons rurales — Conservation et restauration — France — Indre-et-Loire (France) Moulins — Conservation et restauration — France — Indre-et-Loire (France) Pigeonniers — Conservation et restauration — France — Indre-et-Loire (France) BN 40244227 07-01029
  • Maisons paysannes de Touraine Loges de vigne en Touraine [Texte imprimé] : connaître, restaurer, conserver / Maisons paysannes de Touraine, association pour la sauvegarde de l’architecture paysanne et du cadre de vie rural ; avec la participation du Lycée viticole d’Amboise. - Éd. 1996 - Tours (9 quai du Pont-Neuf, 37000 ) : Maisons paysannes de Touraine, 1996. - 1 vol. (65 p.) : ill., cartes, couv. ill. ; 30 cm. Bibliogr. p. 57. Glossaire. - DLE-20061011-48181. - 728.920 94454 (21) (Br.). Cabanes — Conservation et restauration — France — Indre-et-Loire (France) Constructions rurales — Conservation et restauration — France — Indre-et-Loire (France) BN 40244223 07-01030

 Sites et Livres qui vous en disent plus …

  • un site de Rochecorbon qui nous fait découvrir les loges sous une forme souvent inattendue … a voir

site de Rochecorbon

  • Plus académique, un site berrichon, près de chez nous … nous apporte des informations complémentaires si nécessaire.
  • Une galerie de photos de maisons de vignes , à voir. Ne serait ce que pour le fun.

galerie de photos de maisons de vignes

academie du berry.com

  • Loges de vigne en Champagne … quoi de plus normal

un site pour découvrir un livre et ses auteurs

  • La littérature et le vin vignes ont toujours fait bon ménage … et en conséquence les loges de vignes, c’est ce que semble vouloir confirmer ce site

La littérature et le vin vignes

La présentation du site est simple mais en contre partie une recherche importante de photos de grandes et petites choses qui font le charme de nos paysages. Trois loges de vigne de Preuilly ont été ciblées, que demander de plus ?

  • Loges de vigne

Plus de 10 ans de campagne photographique et 350 clichés couleurs ont été nécessaires à Michel Sigrist pour constituer ce beau-livre sur l’architecture traditionnelle des régions viticoles de la Loire-Atlantique, l’Anjou et l’Indre et Loire : la loge de vigne.

Utilisées pendant des siècles par les viticulteurs le temps du travail de la vigne, elles sont aujourd’hui en train de disparaître par manque d entretien. Certaines sont pourtant de réels chefs-d’œuvre.

Ce témoignage historique du métier de vigneron se décline tout en textes et en images.

Loges de vignes, Michel Sigrist Éditeur : Geste (Octobre 2008) 186 pages – 25 euros En vente dans votre librairie préférée à Preuilly sur Claise chez madame Nauleau.