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Le coup de gueule des maires ruraux

Finances article extrait de "acteurspublics"

Le coup de gueule des maires ruraux

L’Association des maires ruraux de France interpelle les députés et sénateurs pour dénoncer un manque d’équité dans l’attribution de la dotation de l’État entre communes urbaines et rurales. Parce que les communes rurales ont moitié moins d’aide, les parlementaires n’ont reçu qu’un “demi-courrier”.

Parce que les communes rurales bénéficient de moitié moins de fonds de l’État que les villes, les parlementaires n’ont reçu qu’un demi-courrier de l’Association des maires ruraux de France (AMRF). Sur la droite de la missive, des bribes de phrases. Sur la gauche, un encart intitulé “à quand la parité pour les communes ?”.

Le texte dénonce : “La dotation globale de fonctionnement pour les communes de plus de 200 000 habitants : 128 euros/habitant. La dotation commune rurale : 64 euros/habitant. En conséquence, seuls 50 % du contenu de ce courrier sont lisibles…” La dotation varie entre 64 et 88 euros par habitant pour les communes de moins de 3 500 habitants contre 128 euros pour les villes de plus de 150 000 habitants.

Les élus locaux invités à saisir leurs parlementaires

Dans le courrier complet, disponible sur son site, l’AMRF demande aux parlementaires de supprimer une disposition du projet de loi de finances 2013 qui “discrimine les habitants en fonction de la taille de la commune où ils résident”, alors que leurs besoins de service “sont identiques”. Les maires ruraux encouragent les députés et sénateurs à engager “le processus vers l’égalité de traitement entre habitants” via une réduction sur cinq ans des écarts de dotation.

Contacté, le président de l’AMRF, Vanik Berberian, confie sa lassitude. “Quand nous rencontrons les parlementaires où les ministres, ils ont toujours un mot agréable sur la ruralité, explique le maire MoDem de Gargilesse-Dampierre, village de 350 habitants, dans l’Indre. Ils nous disent être eux-mêmes élus locaux où connaître une grand-mère qui réside dans un village…” Une forme de condescendance. “Le texte initial sur les emplois d’avenir ne s’appliquait qu’aux zones urbaines, s’agace-t-il. Notre association a dû intervenir auprès du gouvernement pour que les jeunes puissent aussi être recrutés dans les communes rurales…”

Un manque de considération, s’agace Vanik Berberian, qui pénalise le développement des territoires ruraux. Et contre lequel le président de l’AMRF appelle aujourd’hui tous les maires et conseillers municipaux de France à saisir leurs parlementaires.

Sylvain Henry