Anne DACIER Enregistrer au format PDF

Une enfant de Preuilly

Anne <span class="caps">DACIER</span>

anne_dacier Anne est née près de Langres (j’ai retrouvé son acte de baptême, daté du 24 décembre 1645, au temple d’Is-sur-Tille, près de Dijon), mais a passé sa petite enfance à Preuilly, entre 1646 et 1649.

Anne Dacier, née Le Fèvre Anne est née près de Langres le 24 décembre 1645 et morte au Louvre à Paris le 17 août 1720. Elle a passé sa petite enfance à Preuilly sur Claise entre 1646 et 1649. C’est une philologue et traductrice française.

Anne Lefebvre grandit à Saumur où son père Tanneguy Le Fèvre était professeur de grec. En 1664, elle épousa l’imprimeur de son père, Jean II Lesnier, dont elle se sépara rapidement. Après la mort de celui-ci, elle épousa André Dacier qui était interne chez son père à l’académie de Saumur (1683).

À la mort de son père en 1672, professeur de grec, elle s’installe à Paris.

elle fut protégée par Pierre-Daniel Huet, évêque d’Avranches, et monta à Paris, avec une partie d’une édition de Callimaque, qu’elle publia ensuite avec une traduction latine et des notes (1674). Ce travail fut si bien reçu qu’elle fut engagée par le duc de Montausier comme rédactrice de la série ad usum Delphini pour laquelle elle publia Florus (1674), Aurelius Victor (1681), Eutrope (1683), Dictys de Crète et Darès de Phrygie (1684).

Ses travaux de traduction commencent en 1974 avec une œuvre de Callimarque, qu’elle publiera ensuite en latin avec ses propres annotations.

De 1674 à 1684, elle traduit et annote quatre auteurs latins : Florus, Aurelius Victor, Eutrope et Dictys de Crète. Excellente helléniste, elle publie en 1681 les Poésies d’Anacréon et de Sapho, ce qui lui vaudra de nombreuses critiques.

En 1681, parut sa version en prose d’Anacréon et de Sappho. Dans les années suivantes, elle publia des versions en prose de Térence et des pièces de Plaute (l’Amphytrio, le Rudens et l’Epidicus, 1683) et d’Aristophane (Plutus, Les Nuées, 1684). En 1684, elle se retira avec son mari à Castres dans le dessein de se consacrer à des études de théologie. L’année suivante, tous deux annoncèrent leur abjuration du protestantisme, ce dont Louis XIV les récompensa par une pension.

Elle a depuis donné des traductions de quelques pièces de Plaute, d’Aristophane, du théâtre complet de Térence (1688).

Elle publia en 1699 la traduction en prose de l’Iliade, qui devait être suivie neuf ans plus tard d’une traduction semblable de l’Odyssée, qui lui a acquis la place qu’elle occupe dans les lettres françaises.

Cette traduction qui découvrit Homère à beaucoup d’hommes de lettres français, dont Houdar de la Motte, fut également l’occasion d’une reprise de la querelle des Anciens et des Modernes lorsqu’Houdar publia une version poétique de l’Iliade abrégée et modifiée selon son propre goût, accompagné d’un Discours sur Homère, donnant les raisons pour lesquelles Homère ne satisfaisait pas son goût critique. Anne Dacier répliqua la même année avec son ouvrage intitulé Des causes de la corruption du goût. Elle a joué un rôle considérable dans la problématique de la supériorité ou de l’infériorité des langues de l’Antiquité gréco-romaine en comparaison avec les langues modernes. Il s’agit surtout de la question de la richesse et la sonorité de ces langues, de même qu’en ce qui concerne les rythmes naturels des langues modernes en comparaison avec ceux de l’Antiquité.

Houdar poursuivit gaiement le débat en badinant et eut la satisfaction de voir l’abbé Terrasson prendre son parti avec la publication en 1715, d’un ouvrage en deux tomes intitulé Dissertation critique sur l’Iliade où il soutenait que la science et la philosophie, et particulièrement celles de Descartes, avaient tellement développé l’esprit humain que les poètes du XVIIIe siècle étaient considérablement supérieurs à ceux de la Grèce antique.

La même année, Claude Buffier publia Homère en arbitrage où il concluait que les deux parties avaient convenu du point essentiel selon lequel Homère était l’un des plus grands génies que le monde avait vus et que, dans l’ensemble, on ne pourrait préférer aucun autre poème au sien. Peu après, le 5 avril 1716, Anne Dacier et Houdar trinquèrent à la santé d’Homère lors d’un dîner chez Jean-Baptiste de Valincourt.

Anne Dacier a en outre coopéré à plusieurs des travaux de son mari, particulièrement au Plutarque. Nicolas Boileau faisait grand cas de Anne Dacier et la mettait au-dessus de son mari. Elle a été de l’Académie des Ricovrati.

Les poésies d’Anacréon et de Sappho (1681) Trois comédies de Plaute (1683) Les comédies de Terence (1688) L’Iliade (1699) L’Odyssée (1716)

Des causes de la corruption du goût, Paris, Rigaud, 1714 Texte en ligne Homère défendu contre l’apologie du père Hardouin, Paris, Jean-Baptiste Coignard, 1716 Texte en ligne

MADAME DACIER, femme et savante du Grand Siècle (1645-1720) Éliane ITTI Préface de Roger Zuber

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Collection : Espaces littéraires Jean-François Bodin, Recherches historiques sur l’académie de Saumur, 1814-1818 ; Edmond Cary, Les grands traducteurs français, Genève, Georg, 1963 ; Émile Egger, L’Hellénisme en France, II, 1869. Enrica Malcovati, Madame Dacier, Firenze, Sansoni, 1952 ; Paul Mazon, Mme Dacier et les traductions d’Homère en France, Oxford, Clarendon, 1936 ; Hippolyte Rigault, Histoire de la querelle des anciens et des modernes, 1856 ; Saint-Simon, Mémoires, III. Charles Augustin Sainte-Beuve, Causeries du lundi, vol. IX ; Giovanni S. Santangelo, Madame Dacier, una filologa, Roma, Bulzoni, 1984. Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Anne_Dacier